Nous portons tous en nous les expériences de notre propre enfance.
Des choses qui ont fonctionné.
Des choses qui ont fait mal.
Des choses que nous nous sommes un jour promis de faire différemment.
Le problème est que ces schémas sont souvent plus profondément ancrés que nous ne le pensons.
En tant que parent, il est facile de reproduire les mêmes réactions que celles auxquelles on a été confronté – même lorsque l'on veut faire tout le contraire.
Briser de tels schémas est souvent plus difficile qu'on ne le croit.
Cela demande à la fois une introspection et un haut degré de conscience.
Oser voir comment notre propre enfance nous a forgés.
Et parfois, choisir activement de faire les choses différemment.

Toutes les émotions sont acceptables – mais tous les comportements ne le sont pas
L'une des réflexions les plus importantes en matière de parentalité concerne la manière dont nous abordons les émotions des enfants.
Et cela découle souvent de la manière dont nous avons nous-mêmes appris à gérer nos émotions – quelque chose que la plupart d'entre nous façonnons dès l'enfance.
L'un des principes les plus utiles en matière de parentalité peut donc être résumé assez simplement :
Toutes les émotions sont acceptables.
Mais tous les comportements ne le sont pas.
Cela s'applique en fait aussi bien aux adultes qu'aux enfants. Mais dans l'éducation des enfants, cela peut souvent se présenter ainsi :
Les enfants ont le droit d'être en colère.
Tristes.
Déçus.
Ils ont le droit de pleurer quand quelque chose leur semble injuste.
Mais certains comportements doivent quand même être stoppés.
Dire des choses méchantes.
Frapper.
Donner des coups de pied.
Faire du mal à quelqu'un.
Mordre.
C'est là que de nombreux parents sont bloqués – car on peut avoir l'impression qu'il faut choisir entre être compréhensif ou fixer des limites.
Mais l'un n'exclut pas l'autre.
Par exemple :
"Je comprends que tu aies été en colère quand maman a dit non.
Tu as le droit d'être en colère. Mais tu n'as pas le droit de donner des coups de pied."
De cette façon, l'enfant apprend deux choses en même temps :
Que les émotions sont acceptables.
Mais qu'il faut quand même assumer la responsabilité de son comportement.

Stabilité émotionnelle
La difficulté la plus grande en matière de parentalité ne concerne rarement la logistique.
Le plus difficile est souvent de se réguler soi-même lorsque l'enfant perd le contrôle.
Être l'adulte calme quand l'enfant crie sans arrêt pendant vingt minutes – au milieu des gens.
Maintenir les limites sans perdre la chaleur.
C'est un travail qui demande beaucoup plus d'énergie qu'on ne le pense souvent.
Certains jours, tout se passe à merveille.
D'autres jours, la coupe déborde.
L'important est d'accepter que l'on échouera parfois.
L'objectif n'est pas la perfection.
L'objectif est d'essayer de rester calme, de communiquer clairement et d'accueillir l'enfant avec sécurité et chaleur – quelle que soit la situation.

La responsabilité parentale
Vouloir activement offrir à son enfant une bonne enfance signifie aussi assumer la responsabilité de l'environnement dans lequel l'enfant grandit.
Fondamentalement, une parentalité saine consiste à créer une atmosphère où l'enfant ressent :
– que ses émotions sont acceptées
– qu'il existe des limites claires mais saines
– et que la relation avec les parents est toujours sécurisante
Et parfois, ce travail commence par quelque chose d'assez simple – mais en même temps assez difficile :
Oser regarder sa propre enfance.
Et choisir les parties que l'on veut transmettre – et celles que l'on veut faire différemment.


